11 novembre 2020

Les infos DH23 Novembre 2020

Edito: Nouvelles vagues ou tempête ?

Si la deuxième vague de la Covid 19 n’est une surprise pour personne, il n’est pas certain en revanche que tous aient anticipé son impact pour l’entreprise et les salariés. DH23 vous propose quelques points de méthode pour se poser les bonnes questions en tant que représentant du personnel.

1. Des clients qui désertent ou qui disparaissent à l’entreprise boit la tasse !

La disparition des clients ou leur incapacité à consommer des biens ou des services est un risque de premier ordre. Il reste à identifier deux éléments dans ce qui peut se traduire par une fonte brutale de votre chiffre d’affaires :

  • La baisse temporaire liée à la situation qui peut être considérée par vous comme réversible voire récupérable. Il vous reste à identifier les moyens nécessaires pour rester à flot durant la période.
  • La baisse durable en raison de dégâts irréversibles (ou presque) subits par la clientèle. Les clients peuvent effectivement disparaitre définitivement soit en raison de difficultés qui leur sont propres soit parce qu’ils ont modifié leurs comportements

d’achats. L’entreprise ne fait alors plus partie de leurs fournisseurs. Il reste à identifier si d’autres clients peuvent se faire jour et, dans l’affirmative, dans quelles conditions !

2. Un actionnariat en difficulté c’est un cap qui risque de changer !

Les actionnaires sont parfois engagés sur d’autres rives et leurs difficultés en dehors de votre périmètre de compétences peuvent les pousser à vendre ou encore à

 

demander d’autres performances à votre entreprise. Les investissements et projets d’avenir peuvent rapidement être remplacés par des perspectives plus sombres. Bref, il convient de prendre des nouvelles de la solidité de vos actionnaires… La tâche n’est pas toujours facile car ces

derniers n’auront pas forcément envie de s’ouvrir à vous sur ces sujets….

3. Des récifs financiers qui sont des risques de naufrage….

De la même façon, toutes les entreprises n’auront pas les mêmes contraintes et relations avec banques et financeurs. Le taux d’endettement et les échéances de remboursement sont des points qui font qu’à performances équivalentes deux entreprises peuvent, pour l’une survivre et, pour l’autre, disparaitre.

Votre bilan 2019 et les éléments supplémentaires éventuellement communiqués peuvent vous aider à évaluer votre situation.

Le gouvernement a déployé des dispositifs de financement qui devraient amener les CSE à solliciter leur Direction afin de savoir si l’entreprise y a eu recours ou envisage de le faire.

 

Le prêt garanti par l’État (PGE) est un dispositif exceptionnel de garanties permettant de soutenir le financement bancaire des entreprises, à hauteur de 300 milliards d’euros. Il est ouvert à toutes les entreprises jusqu‘au 31 décembre 2020 quelles que soient leur taille et leur forme juridique (=>cliquez [ici] pour plus d’infos !).

 

4. L’écosystème d’une entreprise et notamment les fournisseurs sont un point de fragilité potentiellement important.

Les fournisseurs sont parfois un élément fondamental pour réaliser biens et services en respectant coûts, dé- lais et qualité. Leur disparition peut fragiliser grandement une entreprise. Parfois, également, ce sont les conditions de paiement (crédit fournisseur) ou encore les avances accordées avant livraison qui poseront de graves problèmes.

5. Les salariés devront eux aussi être accompagnés!

Avec le renouvellement des mesures et protocoles sanitaires, les process ont été adaptés. Les postes de travail ont parfois été adaptés à la situation sanitaire. Bien sou- vent, la hiérarchie des qualités professionnelles nécessaires à l’exécution du travail a, elle aussi, été modifiée. L’expérience et le tissu relationnel de certains sera dans certaines situations, pour exemple, une ressource qui fera des séniors des salariés plus utiles que les nouveaux embauchés. A l’inverse, une appétence pour les technologies numériques pourra se révéler un point déterminant pour la sécurisation des parcours professionnels des salariés concernés.

Les conditions d’adaptation à la nouvelle donne ne seront pas identiques au sein d’un collectif de travail dont les éléments contractuels étaient fondés sur d’autres critères. En clair, la crise modifie de façon substantielle certains contrats de travail.

6.L’outil de travail risque également d’être revisité.

Il peut s’agir de machines, de véhicules ou de locaux notamment. La place des déplacements ou le poids des charges immobilières par exemple font dire à de nombreux analystes que le retour à l’avant Covid ne sera pas possible.

Certaines équipes de direction capitaliseront les économies réalisées durant la crise en coûts d’échelles structurels.

Dans ce cadre, le risque est d’avoir des salariés gagnants mais aussi des perdants…

L’absence de GPEC adaptée à cette situation exceptionnelle doit interroger sur les discussions nécessaires et indispensables entre les élus CSE et les Directions.

 

Vers notre article => La modulation de l’indemnité d’activité partielle versée aux salariés par l’employeur

 

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